Intervention de Sarah Vidal
Dans un contexte d’économies budgétaires, Sarah Vidal a tenu à exprimer son « agacement » face à l’attitude du gouvernement vis-à-vis des collectivités territoriales. Retrouvez son intervention lors de l’examen de la Décision Modificative n° 2, le 18 octobre 2024.
Intervention de Sarah Vidal.
Monsieur le Président,
En complément de vos propos introductifs, nous voudrions dire aussi, ici, notre agacement, car c’est plus que de l’incompréhension, contre le Gouvernement lorsque celui-ci fait des collectivités territoriales des boucs-émissaires.
J’y viens parce que dans cette DM, on provisionne 1 230 000 €, pour la prime « Ségur ». Le fait de la provisionner et de ne pas la mettre en œuvre est une décision qui s’inscrit dans la ligne de l’ADF qui exige une compensation intégrale de la part de l’Etat.
Sur le fond, on le partage tous, l’extension du dispositif est une bonne nouvelle. Elle est demandée depuis plus de 2 ans par les organisations syndicales, associatives et institutionnelles du secteur sanitaire et social.
Les salariés des métiers du lien et du soin le méritent. Leur juste reconnaissance passe aussi par une digne rémunération.
Cette prime devra donc de toute façon être versée un jour ou l’autre.
Mais sur la forme, je comprends ce choix.
L’Etat impose des dépenses sans compensation.
Et pire, lorsque les finances publiques vont mal, le Gouvernement demande aux collectivités de faire des économies, laissant sous-entendre que nous aurions des marges de manœuvres illimitées et que serions de mauvais gestionnaires, dépensiers et incapables de tenir nos budgets. Ce procès en incompétence des élus locaux est un peu facile.
En substance, sur la méthode, il impose de nouvelles mesures, sans les financer et en plus il demande de participer au redressement des comptes publics dans des proportions complètement décorrélées de nos finances.
La ficelle est un peu grosse. Nous ne sommes pas responsables du creusement catastrophique du déficit de l’Etat.
Je veux juste rappeler que :
- Les départements sont responsables de moins de 1 % des 3000 milliards € de dettes publiques
- 70 % de l’investissement public, ce sont les collectivités locales.
En Aveyron, nos finances sont saines mais on n’a pas non plus de grandes marges de manœuvre.
Je voulais le dire, parce que cette habitude du Gouvernement de faire porter le chapeau aux collectivités, interroge sur notre capacité demain à apporter des réponses aux besoins de nos concitoyens, et à maintenir des services publics indispensables à la vie sur nos territoires.
Je vous remercie.




