Rodez : une absence de pilotage budgétaire
Le Conseil municipal du vendredi 14 novembre a mis en évidence l’absence de pilotage à long terme du budget de la ville de Rodez. Au nom de Rodez en Commun, Sarah Vidal a pris la parole en pointant du doigt cette dérive, à la fois financière et démocratique. Retrouvez son discours.
» Monsieur le maire, mes chers collègues,
Il y a le fond et la forme.
Sur la forme, à défaut de véritable Plan Pluriannuel d’Investissement, vous vous contentez d’ajustements d’exécution pour coller aux rythmes de travaux et livraisons.
Et cela traduit une chose : vous gérez les chantiers au coup par coup sans vision ni pilotage à moyen terme.
Ensuite, je trouve particulièrement « gonflé » que vous passiez en catimini, presque comme une régularisation technique, les travaux liés à la végétalisation de la place d’Armes.
Comment pouvez-vous traiter en une seule ligne un projet aussi emblématique que la place d’Armes ?
Projet pour lequel il faut rappeler que vous nous faites le coup à chaque fois : vous annoncez à quelques mois de l’élection la végétalisation de la place d’Armes.
Vous ne doutez de rien.
Vous décalez les crédits du CTM à 2026. Tout à coup, vous mettez en avant la végétalisation de la place d’Armes et l’aménagement du Trauc… En réalité, tout ceci traduit clairement une rehiérarchisation opportuniste des priorités.
La végétalisation de la place d’Armes ressort des cartons
Et d’ailleurs, avez-vous vraiment le droit de porter un nouveau projet alors que nous sommes en période de campagne ? Et ce n’est pas parce que vous n’avez pas encore annoncé votre candidature que vous pouvez vous dédouaner des règles applicables en période de campagne…
Même chose avec le projet d’aménagement du Trauc. Pour ce projet, oui, il y a bien une note que nous passerons tout à l’heure mais qu’on soit bien clair, et personne n’est dupe, et sous couvert de régularisation d’enveloppes de voirie, vous lancez à la hâte de nouveaux projets uniquement parce que les élections ont lieu dans 4 mois…
Sur le fond,
Les éléments transmis nous permettent de faire un bilan de votre gestion des projets d’investissement.
Vous vous pensez bon gestionnaire parce que vous avez une dette à 0 mais honnêtement, il faut regarder projet par projet.
Le Stade Paul-Lignon : 30 millions d’euros alors que nous étions à 9 millions d’euros au début du projet.
Avec 370 000 € supplémentaires, nous avons encore la confirmation du dérapage sur ce projet. Il n’y a eu aucune maitrise.
Et ça se retrouve sur d’autres dossiers :
Les Halles : 6 millions d’euros alors que l’enveloppe initiale était de 3,13 millions d’euros.
D’ailleurs, sur l’inscription des 850 000 €, sont-ils couverts par des recettes fléchées ? Quel est le coût final du projet ?
Le coût exponentiel des Haras
Que dire des Haras ? Achetés 6,2 millions d’euros quand ils étaient estimés à 2,7 millions d’euros.
6,2 m€ auxquels il faut ajouter 1,8 m€ pour la salle de réception, qui vient faire concurrence avec le privé. Car oui, je n’ai pas de problème avec le privé. Je ne l’oppose pas au public. Je considère que le privé et le public sont complémentaires. Que l’agilité du privé peut prolonger l’action publique. Je n’ai pas de problème avec ça, contrairement à vous.
Je disais donc : 1,8 m€ + 1,2 m€ pour la maison du vélo + 1,2 m€ pour les réseaux + 1,2 m€ pour le maraichage… La liste s’allongeant, pouvez-vous fournir le plan global de requalification du site, ses phasages et co-financements ?
Ce qui ressort de cette note et de celle consacrée aux Autorisation de Programme/Crédits de Paiement, de ces ajustements et de ces reports multiples, c’est :
Une absence de chiffrage précis s’inscrivant dans un phasage budgétaire ;
Une absence de transparence sur la priorisation ;
Et un dérapage calendaire qui confirme la perte de maîtrise du pilotage d’investissement. »
Lire le compte-rendu de Centre-Presse du 14 novembre.





