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Sarah Vidal et Arnaud Combet plaident pour une tarification progressive du prix de la cantine dans les collèges

Sarah Vidal et Graziella Piérini en séance plénière le 13 décembre 2024

Sarah Vidal, Arnaud Combet et Graziella Piérini en séance plénière du Département

Sarah Vidal et Arnaud Combet ont défendu une fois encore la mise en place d’une tarification progressive du prix des repas de la cantine au sein des collèges, estimant que la hausse de 20 % sur le tarif des cantines était trop lourde pour une partie des familles aveyronnaises. Avec leur collègue Kateline Durand, ils se sont prononcés contre le nouveau tarif fixé à 3,70 € par repas, soit une augmentation de 0,62 € par repas.

Retrouvez l’intervention complète de Sarah Vidal lors de la séance plénière du 13 décembre 2024.

« Monsieur le Président,

Je voudrais intervenir sur l’inflation. Inflation sur laquelle vous revenez dans votre rapport.

Vous indiquez qu’entre septembre 2021 et septembre 2024, sur les 12 % d’augmentation de l’indice des prix à la consommation, 21 % proviennent des prix de l’alimentaire.

Ce qui m’amène à intervenir, et vous vous en doutez, sur la question de la restauration scolaire.

 Sur la forme. Permettez-moi de vous dire mon étonnement.

D’abord, parce que nous votons chaque année un rapport relatif à la participation du Département aux dépenses de fonctionnement des collèges publics et des collèges privés.

Pour l’année 2025, nous l’avons voté lors de la dernière assemblée départementale, il y a à peine 2 mois. C’était le 18 octobre.

Et aujourd’hui, vous nous proposez une évolution des tarifs.

D’une séance à l’autre, en somme, vous changez les tarifs.

Cette décision d’augmenter les tarifs a des conséquences pour les collèges. Vous changez les règles du jeu pour des établissements qui ont bâti des budgets sur la base de ce qui a été voté et notifié il y a 2 mois.

A minima, nous aurions pu attendre la rentrée 2025 ?

Les parents ne vont pas comprendre. Ils vont découvrir une augmentation en cours d’année scolaire  se demanderont certainement s’il n’y a pas une erreur.

Sur le fond, permettez-moi de vous dire que je suis contre cette augmentation.

D’abord, je suis contre car les familles subissent elles aussi la hausse de 21 % des prix de l’alimentaire. Donc c’est la double peine, pour les familles qui ont des difficultés.

Ensuite, je suis contre car je suis favorable à une tarification progressive. Une tarification juste et cohérente avec les ressources des familles.

Je voudrais aussi dire que cette mesure que je défends depuis je suis élue n’a absolument rien à voir avec le fait de dévaloriser le métier d’agriculteur ou d’éleveur. Je suis en ma qualité d’élue mais aussi en écho avec le secteur d’activité et le métier que j’exerce, comme vous, très attachée à la valorisation du travail des agriculteurs, dans ce qu’ils produisent en termes de qualité mais aussi pour ce qu’ils apportent à notre économie et à nos concitoyens dans un contexte particulièrement difficile ces dernières années.

Au contraire, notre objectif serait de permettre à tous, y compris à ceux qui n’ont pas les moyens, d’avoir accès à des produits de qualité. Cela contribuerait à valoriser le travail des agriculteurs et éleveurs. La réalité, c’est que certains enfants, ne mangent plus à la cantine et n’ont donc plus accès à ces produits. Cela va donc à l’encontre de l’engagement originel des collectivités qui se sont saisies de la restauration scolaire pour justement garantir un repas de qualité, équilibré et à moindre coût pour chaque élève.

Je voudrais ajouter aussi que je ne suis absolument pas pour opposer le public et le privé mais le privé pourrait aussi mettre en place une tarification progressive.

Je voudrais aussi rappeler que l’application d’une tarification ou d’une dotation qui soit fonction des ressources n’est pas un gros mot ou un concept qui serait réservé plus particulièrement à une sensibilité politique. Plusieurs élus qui siègent ici ont mis en place cette progressivité dans leurs communes respectives et il n’y a pas si longtemps, certains élus présents aujourd’hui l’ont connu, notre collectivité votait des aides à la scolarité pour des élèves qui en avaient besoin.

Sur ce dossier, je ne désespère pas de vous convaincre mais en attendant, cette délibération reste une mauvaise nouvelle pour les familles.

Je vous remercie. »