Un département bien géré, en quête de ressources
La Chambre régionale des comptes s’est penchée sur les finances du Conseil département de l’Aveyron et a donné son verdict dans un rapport présenté en assemblée départementale. Arnaud Combet a pris la parole pour se féliciter du satisfecit des magistrats de la Chambre et alerter sur les enjeux budgétaires et politiques des années à venir. Retrouvez son discours en intégralité lors de la séance du 26 septembre 2025.
« Monsieur le Président, chers collègues.
Ce rapport appelle de ma part quelques remarques et quelques commentaires. En premier lieu, il est évident qu’il confirme les analyses que nous portons tous au sein de cette assemblée ; depuis plusieurs années, nous mettons au vote les budgets, certains les votent, d’autres s’abstiennent, mais l’analyse que nous portons collectivement, on la retrouve dans ce rapport, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de distorsion entre ce que nous proposons, défendons dans l’Assemblée et l’analyse qu’en fait la Cour régionale des Comptes. Et ça, c’est déjà un point important. On retrouve, effectivement, les enjeux, les grandes tendances. Ce qu’on porte dans cette assemblée, on le retrouve décrit de manière objective dans ce rapport. Donc il n’y a pas de commentaire précis là-dedans. Il n’y a pas de surprise à la lecture de ce rapport. Il est conforme à ce que nous attendions qu’il soit. C’est plutôt positif. Après on peut l’analyser en disant, effectivement, que c’est plutôt un rapport et une analyse qui soulignent la qualité de gestion et la gestion prudentielle du Département. C’est un point positif. Et d’ailleurs, moi, je ne m’en cache pas, en tant que Président des Finances, on a souligné le travail mené sur les questions budgétaires et financières.
Pas de surprise à la lecture du rapport
Notre groupe a apporté plutôt des nuances sur le choix des investissements, le choix à l’intérieur des politiques, mais globalement on est d’accord sur les grands agrégats et les grands équilibres. Après, évidemment, dans tout choix politique, parfois on peut décider de faire tel choix et parfois on peut décider tel autre. Je ne reviens pas sur l’ensemble des propositions que nous avons pu faire, notamment sur la restauration dans les collèges ou d’autres choses, mais sur les grands agrégats, effectivement, il y a une cohérence portée. Il faut aussi se saisir de ce rapport pour ne pas s’endormir sur nos lauriers, et je crois que c’est aussi important, et il faut aussi être prudents parce que, moi, ce qui m’inquiète, je reviendrai là-dessus et après je terminerai sur le demain. Ce qui peut nous inquiéter collectivement, c’est le modèle des départements. Est-ce que notre modèle est pérenne à long terme, dans le sens où comme nous ne maîtrisons aucun levier de financement et que nous sommes dépendants finalement de recettes qui nous sont allouées, de parts de DMTO, de parts de TVA, on peut structurellement se retrouver fragilisés demain. Évidemment, le rapport le souligne, André At l’a rappelé, la manière dont nous avons géré nous a permis jusqu’à présent d’éviter cet écueil que n’ont pas évité certains départements. Mais est-ce que ce modèle-là dans cinq ans, dans dix ans, reste pérenne pour l’ensemble des départements ? Là, il y a un enjeu qui dépasse le cadre du Département de l’Aveyron, bien entendu, qui est un enjeu de politique nationale, mais qui doit nous amener à aussi porter la parole des départements. On compte sur vous, Monsieur le Président, pour réaffirmer demain auprès du gouvernement futur de l’État la place du Département et réaffirmer la nécessité d’avoir des capacités de financement pour pouvoir mener à bien notre action ; qu’elle soit conduite par une majorité comme la vôtre ou qu’elle soit conduite par d’autres majorités dans notre département, peu importe, mais en tout cas il faut bien que les départements puissent conduire leurs politiques. Et il y a une vraie inquiétude sur ce modèle-là à moyen terme.
Inquiétude sur le devenir budgétaire des Départements
Ensuite, il y a les enjeux pour demain. Notre gestion prudentielle aujourd’hui nous permet d’avoir des investissements, vous l’avez souligné, autour de 75 M€ dans les années à venir, avec un atterrissage à 65 M€ en fin de mandat. C’est très bien. Mais est-ce que cela suffira à porter les projets, notamment je pense à un projet phare qui est celui de la sécurisation de la RN 88, de sa mise en deux fois deux voies. Ici, il y a de gros enjeux en termes d’attractivité du département, il y a de gros enjeux en termes de sécurité. Il y a encore malheureusement régulièrement des accidents gravissimes sur ce trajet. Donc, ne nous contentons pas d’aujourd’hui, André était content et je comprends qu’il soit heureux de ce rapport, mais pensons aussi à demain. Et demain, c’est quand même réussir la RN 88, et vous en avez fait un enjeu du mandat, c’est poursuivre l’attractivité de notre département. Vous voyez les chiffres qu’on a, juste 0,1% de hausse démographique depuis 2019. Donc, on n’est pas un département qui attire une population largement renouvelée, on est autour de 285 000 habitants. Donc, il y a aussi une attractivité à poursuivre. Il y a aussi des investissements, et là je fais un peu plus de politique, même si un plan d’accompagnement des collèges est mis en œuvre, il y a des investissements à mener autour de l’attractivité, des enjeux écologiques de notre département à poursuivre. Effectivement, les conditions sont réunies pour faire et je nous encourage collectivement à poursuivre cet échange, ce dialogue. Pour notre part, notre groupe continuera à faire des propositions dans le sens de celles que vous connaissez depuis le début. Nous pensons qu’il y a encore des marges de manœuvre pour faire différemment un certain nombre de choses. Voilà, Monsieur le Président. »
Lire l’article sur ce sujet dans la Dépêche du Midi.
Consulter le rapport de la Chambre Régionale des Comptes d’Occitanie.





