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Une analyse contrastée de la situation financière de la commune de Rodez

Arnaud Combet : « On est en droit de se poser la question de la sincérité budgétaire »

Le conseil municipal examinait le compte administratif 2023 de la ville de Rodez. Arnaud Combet est intervenu à cette occasion pour livrer une analyse contrastée de la situation financière de la commune. L’intervention d’Arnaud Combet dans son intégralité.

« La présentation de ce compte administratif 2023 appelle plusieurs remarques :

Sur la forme, la note présentée aux élus est très succincte, à peine 7 pages, dont 3 de généralités. Le passage au Compte financier unique aurait pu permettre une meilleure lisibilité des documents, je sais que vous allez me répondre que je critique le travail des services, ce n’est en aucun cas la vérité, les services sont capables de produire des documents plus complets, c’est de votre responsabilité. Lorsque j’étais adjoint aux finances avec l’ancienne directrice financière, nous faisions l’effort de proposer un document projeté qui avait une vocation pédagogique. Je vous invite tous à venir assister à la séance plénière du Conseil départemental vendredi où nous présenterons le compte administratif 2023 et où nous ferons un effort important pour détailler et présenter un tableau d’évolution sur 5 ans afin de permettre à tous d’appréhender ces données importantes. C’est un travail coopératif entre les services les élus de la majorité et les élus d’opposition qui en dit long sur la conception différente que vous avez de la démocratie locale.

Vous allez me répondre aussi, que tous les chiffres sont présents dans les documents complémentaires. Ce qui est vrai, mais il faut les chercher, croiser les informations et à la lecture de ces quelques documents, je suis certain que si je demande à un membre de votre majorité quel est le montant des dépenses de personnels et son évolution depuis l’année dernière, peu d’entre eux pourront me répondre et ce n’est pas normal.
Je me permets de faire référence ici à ce moment de mon intervention à un écrivain que vous appréciez, Honoré de Balzac, Je ne sais si vous avez pris le temps de lire le lys dans la vallée, c’est un peu long comme livre, plus de 500 pages et sa lecture est plus ardue que celle de l’équipe mais on peut y lire la maxime suivante : « Ne soyez ni confiant, ni banal, ni empressé », Je crains que pour ces documents vous soyez hélas tombé dans ces 3 écueils.

Sur le fond je vais focaliser mon intervention sur un chiffre et un seul. Le montant des investissements sur l’année 2023, 10,9 millions d’Euros, un chiffre brut qui peut semblait correct mais qu’il faut comparer aux inscriptions budgétaires d’un montant de 28 millions soit un taux de réalisation de 39%…. « Ces indicateurs permettent d’apprécier la qualité et la sincérité des prévisions budgétaires. » Ce n’est pas nous qui le disons, mais la DGCL. On est donc en droit de se poser la question de la sincérité budgétaire quand il y a autant d’écart entre les prévisions et la réalité. Je sais que vous allez dire que je ne comprends rien ou que c’est indécent de parler ainsi pour autant, la réalité des chiffres est implacable. Alors comment l’expliquer, je vais livrer à cette assemblée une sorte de martingale que nous utilisions lorsque le montant des investissements réalisés était en dessous de nos prévisions. Il suffisait de rembourser des emprunts par anticipation pour relever le montant des investissements, pendant de nombreuses années, nous remboursions 3 millions d’annuité au titre du remboursement normal et nous ajoutions 4 ou 5 millions de remboursement exceptionnel ainsi nous pouvions présenter des investissements annuels autour de 18 millions alors qu’en dépenses réelles ils n’étaient que de 10 millions. Aujourd’hui la dette est éteinte, il n’est plus possible d’agir ainsi.

Je veux aussi revenir sur la nature des investissements réalisés, un stade au coût très élevé, 29 millions €, vous allez encore nous dire que le coût sera moindre car vous parler en hors taxe alors que toutes les collectivités comptabilisent leur investissement en TTC, car le coût réel en dépenses publiques et TTC même si l’Etat remboursera environ 95 % de la TVA.

Votre gestion du dossier des Haras qui apparait pour le moins calamiteuse puisque vous avez payé 6,2 millions d’Euros un bâtiment qui était estimé à 2,7 millions par les domaines, dépassant largement la marge de plus ou moins 10% qui est habituellement admise lors d’un achat public. Aujourd’hui, vous y construirez une salle des mariages, cela correspond à quel besoin ? quels ruthénois vous ont demandé cet équipement ? je rencontre souvent des habitants de Rodez et ils me parlent pouvoir d’achat, sentiment d’insécurité mais jamais salle des mariages.

En matière de fonctionnement, nous ne pouvons pas non plus faire l’impasse sur le dossier F’Estivada, qui cumule un déficit pour la 1ère année de plus de 600 000 €.
Vous évoquez dans votre présentation « une forte hausse des charges à caractère général, à hauteur de 2 209 335 € en 2023. »
Près de la moitié de cette hausse est imputable à l’organisation du festival.
Au-delà, Centre Presse nous rappelait ce matin que vous aviez déclaré « on perdra peut-être 100 000 €. L’objectif n’est pas de faire des recettes, c’est de donner du plaisir aux gens ». Entre 100 000 € et 600 000 € sur un budget d’1,1 m€, la différence n’est pas l’épaisseur du trait.

En conclusion : je ne peux que constater que le quoi qu’il en coute et le en même temps ne fonctionne pas au niveau national et que votre président préféré (vous savez celui a qui vous avez par deux fois accordé votre parrainage) est en échec, mais force est de constater que le quoiqu’il en coute et le en même temps au niveau local est aussi un échec remarqué. Votre majorité macroniste se réduit régulièrement telle une peau de chagrin et je crains que votre dernier mandat ne soit pour citer à nouveau Balzac qu’une Illusion perdue. »

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