Rodez en commun s’inquiète de l’affaiblissement du Pass culture
Après l’annonce d’une diminution des crédits du Pass culture, Fabien Austruy, Arnaud Combet et Sarah Vidal ont organisé une conférence de presse pour soutenir un dispositif qui leur parait positif. Ils s’inquiètent de la place de plus en plus minorée de la culture dans les politiques publiques.
« L’affaiblissement du Pass culture aura des conséquences non négligeables non seulement pour l’accès à la culture des jeunes, mais aussi pour les artistes, les acteurs culturels, publics ou privés, les associations…La culture subit depuis plusieurs années un déclassement, comme si finalement, on avait banalisé la baisse des crédits », analyse Sarah Vidal.
Créé en 2019, le Pass culture est un dispositif qui favorise l’accès à la culture des jeunes, grâce à une allocation financière individuelle (part individuelle), mais aussi par des aides aux lycées et aux collèges pour mener à bien des projets pédagogiques originaux (part collective). Grâce à cette allocation dédiée à l’achat de livres, de places de concert ou au cinéma, d’entrées au musée… le Pass culture permet l’accès à la culture pour les jeunes, et tout particulièrement les lycéens.
Outil d’émancipation culturelle
Le 30 janvier dernier, le ministère de l’Éducation nationale annonce le gel de la part collective du Pass culture.
Motivée par la recherche d’économies budgétaires urgentes, cette décision a pris de court la communauté enseignante, impactant en plein milieu de l’année scolaire le bon fonctionnement des établissements alors que de nombreux projets étaient engagés.
« Cette absence de visibilité et de pérennité conduit à fragiliser l’accès à la culture », explique Arnaud Combet, par ailleurs proviseur d’un lycée public.« On déstabilise à la fois les projets pédagogiques portés par les enseignants, mais aussi les artistes et les acteurs culturels avec lesquels les projets étaient engagés », poursuit-il.
Mais la réforme de la part collective n’était qu’une étape.
Un mois plus tard, le 27 février, un décret vient modifier en profondeur la part individuelle en baissant le montant global disponible pour chaque jeune de 350 à 200 € et en repoussant de 15 à 17 ans l’âge minimum pour en bénéficier.
Une pétition a recueilli plus de 120 000 signatures
Aujourd’hui, ce dispositif est victime de son succès depuis sa généralisation en 2021.
Fabien Austruy s’interroge sur la pertinence d’une telle décision : « On est inquiet pour l’accès à la culture parce que ce dispositif est une porte d’entrée en matière de culture. Pourquoi exclure dorénavant les jeunes de 15 et 16 ans ? Pourquoi modifier un dispositif qui fonctionne ? ».
Cette réforme a d’ailleurs provoqué une mobilisation forte dans les lycées, en témoignent les messages postés sur les réseaux sociaux (sous le hashtag #RendezNousLePassCulture) et la pétition sur Change.org qui a déjà recueilli plus de 125 000 signatures (https://www.change.org/p/rendez-nous-le-pass-culture).
Retrouver le compte-rendu de la conférence de presse dans La Dépêche du Midi





