Carrefour Contact : malgré la vente, le flou persiste
Sur proposition du maire, la ville de Rodez a vendu l’emplacement foncier qui abritait Carrefour Contact. Cette décision interroge sur plusieurs points, tout particulièrement sur le prix de vente, la future destination et les procédures judiciaires en cours. L’intervention de Sarah Vidal en conseil municipal dresse la liste des questions qui méritent une réponse.
« Monsieur le maire,
Cette cession interpelle.
S’agissant du prix de vente.
En effet, nous considérons que le montant est beaucoup trop faible au regard de l’emplacement, des potentialités du site, de sa proximité avec le musée Soulages, de sa superficie – de la rareté du foncier : + de 1000 m² en centre ville…
Et même si le bâtiment est en mauvais état, c’est vrai, personne ne peut le nier. On a tous en tête les conditions dans lesquelles l’ancien gérant et les salariés travaillaient – et ce en raison de l’absence d’entretien, de travaux réguliers et sérieux de la part de la mairie, mauvais état qui permet d’appliquer une décote, nous considérons que le montant est trop faible.
Alors oui, vous allez nous dire que la Ville fait une affaire, puisque l’acquéreur fait une offre supérieure à l’estimation des Domaines mais à 555 €/m², nous pensons que c’est trop faible.
Par exemple, rien que la revente par un particulier ou un professionnel des 72 places de parking en sous-sol, à 15 000 €, qui est le prix du marché, couvre quasiment l’estimation des Domaines qui est d’1,1 m€ pour l’ensemble du bien.
Ce qui laisse au final un prix au m² d’environ 200 € pour le reste du bien. Vous avouerez que l’affaire est imbattable.
L’estimation se fait sur une méthode pour laquelle aucune transaction n’est comparable : La-Primaube, Rignac, Baraqueville, Onet-le-Château et quant à Rodez, l’estimation se base sur une transaction avenue de Bamberg. On est donc bien loin du centre-ville
Selon nous, la valeur réelle de ce bien est largement supérieure.
Ensuite, concernant la destination.
La réalité, dans ce dossier, c’est que votre seule obsession est de pouvoir afficher :
« Vous voyez, j’ai tenu ma promesse, il y aura un commerce alimentaire. »
Mais sachez Monsieur le maire que les riverains n’ont toujours pas compris pourquoi vous n’avez pas été un facilitateur, pourquoi vous n’avez pas été aux côtés du précédent gérant, qui s’est démené, seul, pendant de longs mois (avec le soutien de ses salariés, d’un collectif et des riverains).
Et je peux vous dire que le jour où les grilles se sont définitivement fermées, c’était le sentiment d’un immense gâchis.
Pourquoi n’avons-nous pas lancé un appel à projets pour la destination de ce site (en y intégrant d’ailleurs une clause contractuelle contraignante permettant de garantir le respect de l’affectation post-vente pour un commerce alimentaire) ?
Il y avait peut-être d’autres projets pertinents. En lien avec le musée ou avec le futur amphithéâtre ?
Il faut garder en mémoire qu’il s’agit peut-être de l’une des dernières plus grosses emprises foncières au sol disponibles, depuis la friche Combarel.
Quant aux conditions préalables, à savoir que la vente ne pourra être conclue que sous réserve de l’issue des procédures en cours – pour lesquelles vous direz sûrement que c’est de la responsabilité de la société NOLIE – cela nous laisse à penser qu’il n’y aura peut-être pas de commerce avant 3 ans, 5 ans ou 10 ans ?
La réalité, ce que ce n’est qu’un effet d’annonce qui vous permettra de dire pendant la campagne : « oui oui, il y aura bien un commerce. Nous l’avons voté. »
Et, in fine, peu importe quand il ouvrira.
Et c’est la raison pour laquelle vous ne faites pas d’appel à projets : parce que vous voulez que ça aille vite pour pouvoir vous prévaloir que vous tenez vos engagements au détriment de l’intérêt de la Ville.
Ce bâtiment, il y a des recours. Il ne peut pas être vendu.
Quel est donc intérêt de le vendre dans l’urgence ?
L’offre de l’acquéreur n’est pas en cause. Ce n’est pas la question de l’identité de l’acquéreur, comme sur tous les autres dossiers de cession ou d’acquisition d’ailleurs.
En revanche, ce qui est troublant est votre gestion du foncier à Rodez : à chaque fois, vous vendez bas et achetez cher avec l’argent du contribuable et le fait qu’il n’y ait pas d’appel à projets donne l’impression que tout se règle en coulisses…
Office de tourisme, ateliers municipaux, Combarel, ce n’est pas un cas isolé.
Alors oui, vous allez nous répondre en nous agressant comme vous le faites à chaque séance, en nous expliquant selon vos éléments de langage habituels : « depuis que nous sommes aux responsabilités…, vous ne comprenez rien… vous racontez n’importe quoi…»
Vous allez nous abreuver de chiffres, de justifications hasardeuses pour dire votre réalité.
Mais la vérité, c’est que malgré tout ce que vous pourrez dire, la Ville pourrait perdre sur cette opération au bas mot au moins un demi million d’euros.
C’est pourquoi j’encourage, chacun de nos collègues, de la majorité comme de l’opposition, à reconsidérer cette délibération.
Merci. »
Retrouvez le compte-rendu dans Centre-Presse et le droit de réponse de l’ancien gérant.
Notre réaction à la fermeture de Carrefour Contact.





